Hommage à deux collègues héroïques

Hamadi Ben Abdessalam est guide touristique à Tunis depuis 1970.
Le 18 mars 2015, jour de l’attentat au musée du Bardo, il guidait 47 touristes italiens.

Sa connaissance du musée lui a permis de sauver trente vies. Il a témoigné à l’AFP :
« j’étais au deuxième étage (du musée) vers 11h30, une demi-heure avant que ça commence, j’ai entendu des coups de feu. Ma première impression c’est que ce n’était pas un attentat, j’ai dit à mes clients que quelque chose tombait du plafond, mais ce sont les Italiens qui m’ont dit que c’était une attaque terroriste. Je suis parti à droite et 30 personnes m’ont suivi (…) et comme je suis du quartier et que je connaissais les sorties de secours, j’ai pris la direction d'(une) sortie de secours»

à lire en ligne :
L’Express.fr
Le Figaro.fr

Sibel Şatıroğlu, était en train de guider un groupe d’Allemands lorsqu’elle a été témoin de l’attaque terroriste, le 12 janvier 2016, dans le quartier de Sultanahmet à Istanbul.

Elle a alerté les touristes en leur criant “lauft weg,” éloignez-vous. Par sa conduite elle a sauvé des vies.

Elle témoigne :  » J’étais en train de parler de l’obélisque de Théodose à un groupe de 20-25 touristes allemands lorsque j’ai réalisé que le bruit que j’entendais était anormal et j’ai regardé autour de moi. J’ai vu un jeune homme, habillé comme tout le monde, en train de tirer la goupille. J’ai crié « lauft weg » et nous nous sommes mis à courir. La bombe avait déjà explosé. Légèrement blessée aux pieds elle a souffert d’une perte d’audition après l’attentat. Mais elle s’est immédiatement rendue utile en tant qu’interprète dans les hôpitaux dans lesquels les blessés de son groupe avaient été conduits ».

Elle était également présente deux jours plus tard à la première cérémonie d’hommage aux victimes de cet attentat qui a tué 10 touristes allemands et en a blessé 15.

A lire en ligne :
Hürriyet 
Habersirasi 


Depuis un an, les attentats de Charlie hebdo et ceux du 13 novembre ont fait douloureusement comprendre à tous les Français que notre pays n’est pas un sanctuaire.
Cet état d’urgence, dans lequel nous vivons désormais, d’autres pays le connaissent.
Le SPGIC tient à rendre hommage aux collègues guides-touristiques qui, l’un en Tunisie, l’autre en Turquie, ont sauvé les vies des touristes dans l’exercice de leur profession.

Car guider, c’est être responsable du bien être et de la sécurité du groupe. Au guide-touristique (appelé en France guide-conférencier) revient la responsabilité par les avertissements qu’il prodigue de faire connaître les dangers éventuels.

Le guide-touristique est celui qui exerce l’autorité au sein d’un groupe, et son autorité est naturellement reconnue par le groupe. Le guide- touristique professionnel ressent cette responsabilité, il connaît le chemin, il connaît les issues de secours, il parle la langue du touriste  il peut leur porter assistance et  intervenir si le touriste est importuné, par exemple si des pickpockets sont à l’œuvre,

Cette responsabilité, nos collègues l’ont exercée dans des circonstances exceptionnelles; ils sont un exemple et une fierté pour les guides-touristiques du monde entier

Cet aspect de notre profession a, jusqu’ici, été très peu mis en avant.
Le contexte actuel doit nous inciter à la réflexion sur nos responsabilités et notre pratique  professionnelle.