Profession guide-conférencier : revendications du syndicat professionnel

Qui sont les guides-conférenciers ? 

Nous sommes entre 8 000 et 11 000 sur le territoire. 85 % des guides sont des femmes.

Notre domaine de compétence : interpréter / expliquer le patrimoine culturel et naturel dans la langue choisie par les visiteurs tout en nous adaptant à leur besoin.

Pour être guide-conférencier, il faut avoir une carte professionnelle obtenue au terme d’une licence pro ou par différentes équivalences (pas de numerus clausus).

Cette carte professionnelle est obligatoire  lors de visites guidées dans les musées et monuments historiques ainsi que les musées ayant le label « Musées de France ».

Nous sommes une profession avec des revenus qui varient d’un mois à l’autre. De plus notre statut tend à se précariser depuis quelques années. Car si certains travaillent à leur compte, 85% des guides étaient salariés en 2009 travaillant pour plusieurs sociétés (rapport Lewy 2009 commandé par l’Etat).

Or ces dernières années, les sociétés qui employaient des guides tendent à leur imposer l’auto-entreprenariat. Les périodes de chômage inhérentes à la profession ne sont donc plus prises en charge. Double peine : cotisations sociales faibles (auto entreprenariat), petites retraites et plus d’indemnités chômage.

Niveau de revenus lissé sur l’année : Paris 2000 €/ mois. Province : 1000 €/ mois

Problématiques

La carte de GC qui permet d’exercer la profession est actuellement menacée de suppression ou plus précisément le gouvernement veut la vider de sa substance.
Cette carte n’est pourtant pas l’expression d’un privilège, mais juste une compétence, validée par un diplôme professionnel.

Toute personne ayant un diplôme de l’enseignement supérieur pourrait devenir guide pour arrondir ses fins de mois.

L’Etat ne veut plus également de badge professionnel, qui est la seule manière de nous rendre visible. Il sera impossible de faire la différence entre un vrai guide et une personne qui s’auto déclare guide.

Pourquoi le gouvernement veut-il réformer la profession de guides conférenciers

Le gouvernement dans ces réponses à nos questions sur le sujet ne donne que des explications vagues comme : « modernisation » ou « améliorations » ainsi que «  la nécessité d’une évolution juridique du statut des guides conférenciers souhaitable ».

Il est aussi question de l’Europe sur la   « facilité en matière de libre prestation de services ».

C’est la possibilité offerte à tout guide européen de travailler temporairement là où il le souhaite dans l’EU. Dans le cas des guides conférenciers la concurrence serait déloyale car il n’y a pas, selon les Etats, les mêmes conditions de diplômes, de tarifs, ni de prestations sociales. Pourtant il y une norme européenne sur la formation des guides dont la France est signataire qui parle d’équivalence de qualifications professionnelles (voir contre-propositions).

Le pourquoi de cette réforme nous échappe. Le gouvernement veut permettre à toute personne ayant un diplôme de l’enseignement supérieur de guider en France sans avoir les qualifications nécessaires à la profession.

Un boulanger ou un pâtissier doit apprendre les techniques de son métier. Bien sûr, n’importe qui peut faire son pain ou des gâteaux chez lui mais non à grande échelle et de manière professionnelle.

Il doen est de même pour les guides conférenciers.

Dans une lettre signée par M Fabius en date 22 Mai 2015 il est dit qu’ « il faut répondre à la demande de prestation du guidage, émanant notamment des touristes étrangers » Pourtant le nombre de guides en chinois a augmenté de 42 % entre 2009 et 2013 et les guides en espagnol ne manquent pas pour accueillir le continent sud américain non plus que les guides en portugais pour le Brésil. Les guides en anglais sont très nombreux, qualifiés et compétents. Fin 2015 des nouveaux diplômés en japonais vont arriver sur le marché augmentant de 25 % le nombre de guides en langue japonaise. Nous ne manquons donc pas de compétences en langues parmi les guides et nous continuons à nous former en fonction de l’évolution des marchés. De plus nous sommes mobiles dans toute la France.

Il n’est pas interdit de penser qu’une partie de cette volonté d’élargir à tout un chacun sans compétences spécifiques le métier du guidage, viendrait d’un lobbying des gros tours opérateurs français et étrangers pour faire baisser les coûts de la main d’ouvre et augmenter leurs profits.

Impact de la réforme telle qu’elle est envisagée

Le tourisme crée des emplois non délocalisables comme nous le dit le gouvernement. Pourtant cette réforme en cours prouve le contraire. Elle va permettre aux voyagistes et tours opérators de faire en sorte que l’accompagnateur du tour venant de l’étranger (accompagnateur : personnel qui veille au bon déroulement du voyage) puisse guider dans les monuments et musées historiques sans compétences vérifiables.

L’ouverture de la profession à toute personne ayant un diplôme de l’enseignement supérieur sans formation spécifique dans le domaine du guidage va amener un afflux de « guides » improvisés tirant les tarifs vers le bas.

Le consommateur va être floué, on lui vendra comme guide des gens sans qualifications spécifiques au métier.

Dans 2 ans il n’y aurait plus que 25% des guides professionnels actuels, les autres ayant du se reconvertir ne pouvant plus vivre du métier pour lequel ils se sont donnés la peine de se former.

Les propositions du syndicat 

Nous proposons de faire évoluer le statut juridique de guide conférencier en redéfinissant dans un premier temps ce qu’est un guide. Pour cela, nous avons les normes européennes dont la France est signataire. Elles définissent précisément les professions liées au guidage et à l’accompagnement, ainsi que les exigences minimales relatives aux programmes de formation professionnelle.

 La NORME EUROPEENNE EN 13809 DE 2003 doit s’appliquer

Il découle de cette norme que ne peut être appelée visite guidée dans un pays européen, qu’une visite menée par un guide tel que défini par la NORME EUROPEENNE EN 15565  (Sur la formation des guides, publié au JO en Mai 2008, NF EN 155565)

Cette norme définit des thèmes communs mais également des thèmes spécifiques à l’aire géographique de guidage ainsi qu’une formation pratique.

Notamment cette norme dans son Le point 7) sur les thèmes spécifiques à l’aire géographique, détaille les connaissances nécessaire. La simple énumération de cette liste prouve qu’il est impossible pour une personne d’être « guide européen » et que l’équivalence de qualification professionnelle se heurte à ces nécessaires connaissances à une aire géographique spécifique.

De plus, la norme européenne de 2008 définit les modules nécessaires à la formation minimum pour les guides-conférenciers (guides-touristiques) en Europe (EN15565:2008 Standard Tourism Services

Il ne peut y avoir équivalence de qualification que lorsque des standards existent. Pour la profession de guides conférenciers, il ne pourrait y avoir d’équivalence qu’entre deux pays de l’Union Européenne appliquant la norme EN15565.

Nous demandons  l’application des normes européennes qui définissent notre profession et déterminent un programme minimal de formation (thèmes communs, thèmes spécifiques à l’aire géographique ainsi que des stages) pour la qualification des guides.

L’application de ces normes créant des standards européens permettra le respect du consommateur afin qu’il ne soit pas trompé dans son choix (payer au prix fort un guide qui n’en est pas un).

Nous demandons également le maintien de la carte professionnelle qui est un gage de qualité et la preuve de notre formation, ainsi que le port du badge qui permettra d’éviter la fraude. Le consommateur qui aura acheté une visite guidée pourra vérifier si il a bien en face de lui un guide qualifié  ce qu’on lui a généralement vendu.