La position des guides italiens confrontés au problème de la déréglementation

Un patrimoine à défendre, une spécificité à protéger Y compris face à l’UE et à ses nouvelles règles.

La Confesercenti Toscana donne de la voix et met l’accent sur la situation difficile dans laquelle se trouvent les guides italiennes. Une question particulièrement sensible dans notre région, berceau de la culture et de l’art. En l’occurrence, une norme communautaire (Eu Pilot 4277/12/Mark article 4 p 39 ) et le décret qui en découle actuellement en préparation par l’exécutif italien, pourront avoir un effet direct sur une authentique invasion de « cicérons » provenant de tous les coins d’Europe.

Un groupe de touristes – par exemple allemand – ayant organisé un séjour à Florence pourra amener avec lui son accompagnatrice ? Qui expliquera nos beautés et pilotera les touristes à l’intérieur du Bargello , des Offices, ou sur  la promenade des Collines.  Naturellement cette accompagnatrice sera payée en Allemagne et paiera ses impôts dans le pays dirigé par Angela Merkel.  De plus, l’Etat italien impose maintenant aux guides italiens de passer un nouvel examen, une sorte de super-habilitation qui leur permet d’exercer « sur les sites d’intérêt historique, artistique et archéologiques ». Un obstacle qui s’ajoute aux autres.

Un double front de bataille pour la Federagit-Confesercenti Toscana. Il y a quelques jours  une délégation a été reçue à Florence même, par le Ministre des Biens culturels, Dario Franceschini.  Face à notre demande de reconnaissance des qualifications spécialisées, le ministre nous a répondu que nous n’avions qu’à aller exercer en Slovénie » souligne Valentina Grandi. « Franceshini affirme qu’il n’y a rien à faire, l’Europe ne reconnaît pas notre qualification. Nous lui avons expliqué qu’il est difficile de penser à transporter en Slovénie le patrimoine de Florence, sur lequel nous avons des connaissances spécifiques, pour ensuite le ramener à la maison le soir ». Une ironie amère qui met en évidence la gravité de la situation. Il suffit de penser que dans notre région de Toscane les professionnels habilités (dont 90% de femmes) sont plus de 3 000 sur les 22 000 que compte le territoire national. Si la norme européenne n’est pas modifiée « il est hautement probable qu’il en découlera une retombée  au niveau de l’emploi »affirme la Confesercenti. « Nous demandons au gouvernement de reconquérir sa souveraineté sur le Patrimoine culturel et sur les professions du tourisme qui lui sont liées et de ne pas consentir à l’Europe des décrets  en faveur de l’exploitation aveugle de notre patrimoine, avec pour conséquence dans notre pays chômage et misère. Tous peuvent venir travailler en Italie, mais à égalité avec les Italiens et les étrangers qui sont déjà habilités ici, qui ont les mêmes compétences, les mêmes contenus de formation et les mêmes taxes à payer.

Christian Campigli – Florence, le 15 mars 2015   

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