Mediapart – Les guides-conférenciers craignent l’«ubérisation»

CÉCILE ANDRZEJEWSKI  a interrogé le SPGIC dans le cadre d’un article publié par Mediapart dont voici deux extraits  :

C’est un cocorico dont on ne cesse de se gargariser : la France est le pays qui accueille le plus de visiteurs internationaux au monde. En 2015, quelque 84,5 millions de touristes ont foulé le sol de l’Hexagone. En première ligne pour les accueillir et leur faire découvrir le patrimoine, les guides-conférenciers se définissent aujourd’hui comme « une profession en péril », selon les mots du syndicat professionnel des guides interprètes conférenciers (SPGIC).

Ce qui inquiète notamment le SPGIC, ce sont surtout les plateformes, souvent immatriculées à l’étranger, qui organisent des visites avec des guides en auto-entreprenariat. « Ils n’ont ni assurance, ni contrats, alors qu’ils sont dans un véritable lien de subordination », s’inquiète Sophie Bigogne. « Nous, les vieux, on travaille encore pour des agences de voyage ou de tourisme, mais les jeunes aujourd’hui n’ont pas le choix, ils doivent se mettre en auto-entrepreneurs pour travailler », regrette Pascal Réchard. Ce qui ne les empêche pas de mener la fronde. 

Article à lire sur le site de Mediapart 25 AOÛT 2017 PAR CÉCILE ANDRZEJEWSKI

Guide professionnel contre guide amateur

Quand le JT de France 2 du 28 mai 2017 se penche sur le marché de la visite guidée de Paris !

Les visites guidées ont eu droit à un long sujet de plus de  4 minutes dont le consommateur-téléspectateur ne peut que ressortir perplexe !

Le reportage commence par un extrait de la visite qu’un passionné de street art commente pour un petit groupe. Finalement le seul « guide » qu’on entendra parler à son public.

Puis se glisse un guide-conférencier professionnel qui défend la carte de guide-conférencier et la formation que nous avons reçue.

Changement de décor, pour la « consommation de guides » (sic) promue par une plateforme dont le patron n’emploie que des auto-entrepreneurs (cherchez l’erreur !) qui renouvelle l’offre en proposant les visites les plus traditionnelles qui soient. Ces guides sont appelés guides locaux, appellation que ce jeune patron doit trouver moderne, mais qui porte confusion avec les guides-interprètes locaux, qui eux disposent d’une carte professionnelle.

C’est au tour de la  » soi-disant guide » de free tour ( visite gratuite) qui  tend la main en disant « Peut être que grâce à vous je vais pouvoir aller à l’université »ce qui est la moindre des choses qu’on attend d’un guide !

…. pour finir avec  une interview de la Présidente de la FNGIC qui s’exprime contre la pratique du free tour et la concurrence déloyale que subissent les professionnels du guidage, travail au noir, absence de statut du « guide »  …….


Tourisme : les dessous de la profession de… par francetvinfo

Les guides-conférenciers restent sous la tutelle de Bercy

Le nouveau président de la République, Emmanuel Macron, vient de décider par décret en date du 24 mai 2017 que le Tourisme resterait au ministère des Affaires étrangères, sous la tutelle de Jean-Yves Le Drian.
Selon ce décret (n°2017-1074 du 24 mai 2017) « le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères est compétent pour définir et mettre en œuvre la politique du développement international de la France, notamment au titre du commerce extérieur et du tourisme ». Par ailleurs, le décret précise que « pour l’exercice de ses attributions en matière de tourisme, le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères dispose de la Direction Générale des Entreprises », la DGE qui dépend du ministère de l’Economie à Bercy.

http://syndicatspgic.fr/?p=548

3 mai 2017 – Guides-conférenciers en grève contre l’ubérisation

video sur le Parisien.fr 

Le 3 mai, une partie des 80 guides-conférenciers employés par la société City Wonders, une entreprise basée à Dublin en Irlande, qui emploie des guides-conférenciers sous le statut d’autoentrepreneurs dans les grandes capitales européennes, sont en grève.

Le Parisien – 3 mai 2017 : Grosse colère chez les guides touristiques

Pour informer passants et touristes de leur colère, ces guides se sont rassemblés à l’Arc du Carrousel du Louvre.

en savoir plus 

Réponse aux questions des Sénateurs concernant le statut des guides-conférenciers

Le 30 mars 2017, la ministre de la Culture a répondu à plusieurs questions écrites  des Sénateurs sur le statut des guides-conférenciers dont la plus ancienne avait déjà deux ans !

Question écrite n° 14931 de M. Jean Desessard (Paris – ECOLO)  publiée dans le JO Sénat du 19/02/2015 – page 360

M. Jean Desessard attire l'attention de M. le secrétaire d'État, auprès du Premier ministre, chargé de la réforme de l'État et de la simplification sur la réforme du statut des guides-conférenciers. 
 
L'article 10 de la loi n° 2014-1545 du 20 décembre 2014 relative à la simplification de la vie des entreprises autorise le Gouvernement à légiférer par ordonnance aux fins de « supprimer ou de simplifier les régimes d'autorisation préalable » auxquels sont soumis les guides-conférenciers afin de les remplacer par des « régimes déclaratifs », ce qui signifie en réalité la fin de la carte identifiant les membres de cette profession. 
 
La norme EN 13809:2003 du comité européen de normalisation fait clairement la distinction entre d'un côté les guides touristiques qui « interprètent le patrimoine culturel et naturel d'une aire géographique déterminée » sur la base d'une « qualification spécifique pour guider sur ce territoire » et de l'autre, les directeurs de circuits ou accompagnateurs qui sont simplement chargés du bon déroulement du voyage pour les touristes. 
 
Le projet de réforme du Gouvernement permettrait à des accompagnateurs étrangers de guider les touristes et de commenter ces visites sans aucune formation préalable. Il en résulterait une confusion entre les guides-conférenciers et les autres accompagnateurs touristiques qui ne proposent pas le même service et n'ont pas les mêmes compétences pour partager la connaissance de notre patrimoine culturel. 
 
Cette réforme menace en effet une valeur indissociable de notre patrimoine culturel : la transmission. À l'heure où l'on s'interroge sur un possible retour de l'enseignement de la morale à l'école, il n'est pas possible dans le même temps de déprécier la transmission culturelle, fer de lance du rayonnement des valeurs de notre pays à travers le monde. 
 
Il souhaiterait donc alerter le Gouvernement sur la confusion entre deux métiers bien distincts qu'entraîne le projet de réforme et connaître ses intentions quant à son contenu.

Question écrite n° 18253 de M. Jean-Pierre Leleux (Alpes-Maritimes – Les Républicains-R)  publiée dans le JO Sénat du 15/10/2015 – page 2404

Question écrite n° 24165 de M. Jean-Claude Leroy (Pas-de-Calais – Socialiste et républicain) publiée dans le JO Sénat du 01/12/2016 – page 5137

Question écrite n° 23588 de Mme Corinne Imbert (Charente-Maritime – Les Républicains) publiée dans le JO Sénat du 20/10/2016 – page 4550

Question écrite n° 23611 de M. Bernard Fournier (Loire – Les Républicains)
publiée dans le JO Sénat du 20/10/2016 – page 4551

Question écrite n° 23769 de M. Rachel Mazuir (Ain – Socialiste et républicain)
publiée dans le JO Sénat du 03/11/2016 – page 4794

Question écrite n° 23516 de M. Antoine Lefèvre (Aisne – Les Républicains) publiée dans le JO Sénat du 13/10/2016 – page 4390

mars 2017 – Manifestation des guides en Italie

Manifestation à Rome le 14 mars 2017

Pour la première fois dans l’histoire tous les syndicats de guides ont manifesté ensemble. Environ 500 guides de toute l’Italie (Rome, Naples, Florence, Gênes, Venise…) dont les représentants ont été reçus par la commission Culture à la Chambre qui, jusqu’alors…. ignorait le fait qu’il y avait un problème de déréglementation de la profession avec instauration d’un statut de Guide National imposé par les Directives européennes. 

 Nous avons obtenu un premier résultat immédiat: en Italie était sorti un décret pour les sites dits « protégés » (les plus importants) c’est à dire que même un guide européen ne pouvait y guider que s’il avait passé un examen spécifique in situ.

Malheureusement le TAR (Tribunal Administratif Régional) avait rejeté ce décret, rejetant de nouveau les guides dans la jungle où quiconque peut venir guider ici sans véritable qualification. 

Mais aujourd’hui le Ministère de la Culture a posé un recours contre le rejet du TAR. 

Les arguments forts sont les mêmes qu’en France:

  • défense du patrimoine culturel
  • fiscalité: les étrangers travaillent grâce à notre patrimoine mais ils payent les taxes dans leur pays.

Ce n’est qu’un début de bataille mais quelque chose a bougé.

3 novembre 2016 – Les guides-conférenciers de nouveau dans la rue contre un projet d’arrêté interministériel

COMMUNIQUÉ DE PRESSE DES GUIDES-CONFÉRENCIERS DU 31 OCTOBRE 2016

Les guides-conférenciers de nouveau dans la rue contre un projet d’arrêté interministériel.

Rassemblement statique à l’appel du Comité d’Action soutenu par les organisations professionnelles ( SPGIC, FNGIC, SNG-C, ANCOVART, UNSA).

Ce rassemblement aura lieu à Paris jeudi 3 Novembre de 12 heures à 14 heures place du Palais Royal.

Un guide-conférencier doit avoir une formation spécifique pour obtenir la carte professionnelle. Cette formation n’est pas fermée et prépare le guide à son futur travail. Mais le gouvernement veut des petits boulots et non des professionnels.

Selon cet arrêté n’importe quel Master, toutes disciplines confondues, pourrait obtenir la carte de guide-conférencier dès lors qu’il aurait une expérience d’un an cumulée sur cinq ans dans la présentation du patrimoine.

Est-ce bien le moment d’ouvrir la profession à des gens non formés alors que le nombre de touristes venant en France est en baisse (attentats, insécurité quotidienne, pickpockets) ? Pourquoi cette volonté de nous déstabiliser encore plus après cette saison touristique désastreuse ?

Les parlementaires ont pourtant voté récemment un article de loi qui assujettit l’attribution de la carte professionnelle à une qualification (Loi CAP article 109) mais le gouvernement veut la contourner sous prétexte de directives européennes.
Une formation professionnalisante n’est pas un frein à l’emploi, comme le gouvernement veut nous le faire croire, mais une valeur ajoutée pour trouver un travail pérenne. L’Europe a bon dos !

GUIDER C’EST UN MÉTIER ET PAS UN JOB D’ÉTÉ

TourMag.com

 

7 juillet 2016 – L’activité des Guides-conférenciers inscrite dans la Loi française

LOI n° 2016-925 du 7 juillet 2016 relative à la liberté de la création, à l’architecture et au patrimoine

Article 109

« Art. L. 221-1.-Pour la conduite de visites guidées dans les musées de France et les monuments historiques, les personnes physiques ou morales réalisant, y compris à titre accessoire, les opérations mentionnées au I de l’article L. 211-1 ne peuvent utiliser que les services de personnes qualifiées titulaires de la carte professionnelle de guide-conférencier délivrée dans des conditions fixées par décret en Conseil d’Etat. Les personnes morales mentionnées au III de l’article L. 211-18 ne sont pas soumises à cette obligation. »

Quand les musées externalisent, les salariés trinquent

Encouragés par l’Etat, de plus en plus d’établissements culturels externalisent leurs fonctions, jusqu’aux plus essentielles comme les gardiens ou les conférenciers.

A lire sur le site Louvre pour tous cet article publié le 18 juillet 2016,qui détaille les politiques « culturelles » du musée du quai Branly, de Versailles, du Pompidou Metz, du musée des Confluences, du Mucem et du musée Picasso.

Cette politique des partenariats publics-privés est à l’oeuvre dans tous les secteurs économiques y compris la santé.

Les  musées sont contraints par le ministère de la Culture et l’Etat d’externaliser au maximum.

Il s’agit bien d’un modèle économique.   A la lecture, nous retenons de cet article cette déclaration d’un responsable du musée du Quai Branly :

« La réduction des coûts n’est pas l’objectif prioritaire qui guide notre réflexion quant à l’externalisation de certains services techniques ou support. Et précisément, il est par ailleurs complexe de déterminer l’impact exact sur la réduction des coûts car cela supposerait une analyse complète des coûts associés au contrat multiservices, mais aussi du temps consacré par les équipes du musée au pilotage et au suivi de ces services. »

2016 – Bilan du SPGIC après un an d’existence

Participation du SPGIC aux réunions de concertation

Les manifestations des guides-conférenciers  ont déclenché des réunions de concertation avec les 2  ministères dont nous dépendons (Ministère de la Culture et Ministère de l’Economie par l’intermédiaire du Bureau des professions du tourisme).

Six réunions ont eu lieu avec des thématiques différentes :
• Métiers et conditions d’exercice. Statuts et emplois
• Politiques des établissements : musées, monuments, VPAH (règlements de visites, intérieurs…)
• Opérateurs de voyages et organismes de tourisme
• Formations, initiale et continue (CNAM etc.)
• Europe et international : harmonisation et réciprocité européenne.
• Promotion par le numérique. Evolution de l’offre.

Interventions auprès des Députés et Sénateurs

Une série d’amendements concernant notre profession a été déposée dans le cadre de la loi création, architecture, patrimoine par des parlementaires – Sénat et Assemblée nationale.
Certains, plus favorables, n’ont pas été retenus. Cependant, l’amendement 100 a été adopté et a donc transformé la loi en notre faveur. Malgré tout, il faut attendre la fin des discussions car cela peut encore être modifié en 2ème lecture au Sénat et lors du vote définitif à l’Assemblée nationale.

Avant seules les agences de voyages immatriculées en France avaient l’obligation de recourir à des guides conférenciers pour les visites dans les musées et monuments historiques.
L’amendement devenu article de loi (n°37ter) stipule que toute visite (d’un Musée de France ou monument historique) qui est vendue doit être menée par un guide-conférencier (et non par un accompagnateur ou tour leader).

Cette avancée fondamentale – si elle se confirme – a été obtenue par des mois de combats et de manifestations régulières des guides-conférenciers.

3/
Travail d’étude comparative sur les contenus des formations, leur durée etc… permettant de devenir guide dans les différents pays d’Europe.
Prises de contact avec les guides d’autres pays européens ainsi qu’avec les Offices de tourisme des différents pays.

Manifestation à Bruxelles et rendez-vous avec deux Députés européens.